Maniaque ou pragmatique ? moi j’organise ma vie pour me la simplifier

Préparer son sac de sport la veille, savoir exactement où se trouve un document, avoir toujours quelques ingrédients de base dans les placards ou supprimer de temps en temps ce qui ne sert plus : vu de l’extérieur, cela peut ressembler à une obsession de l’organisation. Pourtant, il existe une autre façon de voir les choses. Le pragmatisme consiste moins à vouloir tout contrôler qu’à aménager son quotidien pour éviter certaines complications inutiles. Pas besoin d’une maison parfaite ni d’un planning militaire. Juste de quelques habitudes qui nous facilitent réellement la vie.

femme brune en jeans et pull blanc de dos dans son dressing
Alléger sa charge mentale c’est aussi du pragmatisme

Et si je n’étais pas maniaque ?

Il y a ce moment où quelqu’un vous regarde faire et finit par lâcher :

Tu es quand même un peu maniaque, non ?

Parce que vous avez préparé votre sac de sport la veille.

Parce que vous avez remis les choses à leur place.

Parce que vous avez acheté de la lessive avant de tomber en panne sèche.

Parce que vous savez, sans retourner trois tiroirs, où se trouvent vos chargeurs, vos papiers importants ou cette paire de baskets que vous portez régulièrement.

Et parfois, il suffit même que vous disiez :

« Je vais préparer ça maintenant, comme ça demain je n’aurai pas à y penser. »

Maniaque.

Vraiment ?

Peut-être pas.

Peut-être que vous êtes simplement pragmatique.

La nuance est intéressante, parce que le pragmatisme n’a pas grand-chose à voir avec l’image de la maison parfaitement rangée, des boîtes toutes identiques et des chemises classées par couleur.

Une personne pragmatique peut très bien avoir une chaise sur laquelle s’entassent trois vêtements « encore propres », un tiroir qui ressemble vaguement à une zone sinistrée et des boîtes qui ne sont absolument pas alignées.

Elle peut aussi laisser traîner certaines choses parce que, franchement, elle sait qu’elle va les utiliser dans deux heures.

Le pragmatisme ne cherche pas forcément l’ordre.

Il cherche surtout à éviter les complications inutiles.

Et ça change beaucoup de choses.

Maniaque, organisé.e ou simplement pragmatique ?

Les mots se mélangent facilement.

Être organisé, c’est mettre en place une certaine structure. Être méthodique, c’est aimer procéder d’une façon précise. Être prévoyant, c’est penser à certaines choses avant qu’elles deviennent problématiques.

Le minimalisme, lui, pousse davantage à interroger la quantité de choses que l’on possède et la place qu’elles occupent dans notre vie.

Quant au perfectionnisme, il peut conduire à vouloir que le résultat soit particulièrement bien fait, voire irréprochable.

Le pragmatisme fonctionne autrement.

Il pose une question beaucoup plus terre-à-terre :

Est-ce que cette façon de faire me simplifie réellement la vie ?

C’est presque moins glamour. Mais souvent beaucoup plus utile.

Le perfectionniste pourra chercher la meilleure méthode.

Le pragmatique cherchera une méthode suffisamment bonne pour fonctionner.

Et si une solution imparfaite fait parfaitement le travail, pourquoi passer deux heures à chercher une solution parfaite ?

C’est là que le pragmatisme devient intéressant.

Il accepte les raccourcis intelligents, les habitudes personnelles, les solutions provisoires et même un certain désordre.

Une organisation peut être jolie. Elle peut aussi être franchement moche.

Si vous savez où trouver ce que vous cherchez, elle remplit déjà une partie de son contrat.

Une règle pourrait résumer tout cela :

Une organisation qui demande plus d’énergie qu’elle n’en fait gagner mérite peut-être d’être simplifiée.

Parce qu’à force de vouloir tout organiser, on peut finir par passer son temps à entretenir son organisation.

Et là, franchement, on a peut-être raté le concept.

Je ne range pas pour que ce soit parfait, je range pour retrouver

Prenons une armoire.

Il existe probablement quelqu’un quelque part qui possède une armoire magnifique, avec des piles impeccables, des séparateurs, des boîtes parfaitement alignées et peut-être même une organisation par nuances de couleur.

Très bien.

Chez moi, l’objectif peut être beaucoup plus simple :

je veux retrouver ce que je cherche.

Mes vêtements peuvent être regroupés par catégories. Les accessoires peuvent avoir leur place. Les vêtements hors saison peuvent être ailleurs.

Mais si une boîte est légèrement de travers, personne ne va appeler la brigade du rangement.

Et surtout, je n’ai pas besoin de reproduire l’organisation de quelqu’un d’autre.

Une bonne organisation est personnelle.

Ce qui est évident pour l’un peut être totalement illogique pour l’autre.

Vous rangez peut-être vos accessoires dans une boîte.

Moi, je préfère les avoir visibles.

Vous classez vos vêtements par couleur.

Je préfère les avoir par usage.

Vous avez une place précise pour chaque chargeur.

Moi, je mets tous les câbles dans le même tiroir et je sais exactement lequel ouvrir.

Il n’y a pas nécessairement une bonne réponse.

Il y a celle qui fonctionne.

C’est d’ailleurs une différence assez importante avec l’organisation pensée pour être montrée.

Sur une photo, des boîtes identiques et parfaitement alignées sont jolies.

Dans la vraie vie, le critère décisif est beaucoup moins spectaculaire :

Est-ce que je sais où est cette fichue chose quand j’en ai besoin ?

Si oui, victoire.

Préparer aujourd’hui pour se simplifier demain

Le pragmatisme se remarque particulièrement dans ces petits moments où l’on choisit de faire quelque chose maintenant pour éviter une petite corvée plus tard.

Pas besoin de planifier sa vie au quart d’heure.

Prenons simplement les repas.

À 19 h 42, devant un réfrigérateur plein, la question :

« Qu’est-ce qu’on mange ce soir ? »

peut soudain devenir étonnamment compliquée.

On regarde.

On referme.

On regarde à nouveau.

On possède pourtant des œufs, des légumes, des pâtes, du riz et probablement de quoi nourrir une petite colonie.

Mais aucune idée.

Prévoir quelques repas à l’avance peut alors suffire.

Pas un planning de nutrition sur quinze jours.

Juste quelques idées.

Quelques ingrédients de base toujours disponibles.

Une préparation faite lorsque l’on a un peu de temps.

Et quelques solutions rapides pour les soirs où l’envie de cuisiner a officiellement quitté les lieux.

Le but n’est pas de planifier toute sa vie.

C’est de supprimer quelques décisions répétitives.

Même logique pour le sac de sport.

On connaît tous la scène : départ dans dix minutes, bouteille introuvable, chaussettes disparues, écouteurs quelque part entre le canapé et une autre dimension, chaussures dans l’entrée mais pas les bonnes.

Préparer le sac à l’avance transforme toute cette petite chasse au trésor en une opération beaucoup moins passionnante.

Le sac est prêt.

Voilà.

Une décision de moins.

Même chose pour certains indispensables du quotidien.

Lessive, papier toilette, sacs-poubelle, café, produits de soin, aliments de base…( en format XL pour ma part pour ne pas avoir à y retourner ) ou les produits nécessaires aux animaux lorsqu’on en a.

L’idée n’est évidemment pas de transformer son appartement en entrepôt.

Il s’agit simplement de connaître ses indispensables.

Parce qu’acheter trois bouteilles de lessive avant d’en manquer peut être pragmatique.

Acheter dix-huit bouteilles parce qu’elles sont en promotion alors qu’on vit dans un deux-pièces de 35 m² l’est déjà beaucoup moins.

Le pragmatisme a aussi ses limites.

Le pragmatisme, c’est aussi savoir se débarrasser

Il y a un mot particulièrement puissant dans nos placards :

« Au cas où. »

Ah, le fameux « au cas où ».

Ce vêtement que l’on ne porte plus mais que l’on conserve parce qu’on pourrait peut-être perdre du poids.

Ou en reprendre.

Cette veste qui pourrait redevenir à la mode.

Cette robe qui serait parfaite si, un jour, on était invitée à une soirée très chic organisée à la dernière minute.

Cette vieille tente alors qu’on ne fait jamais de camping.

Cette caisse remplie d’objets dont on ne se souvient même plus de l’utilité.

Et ce fameux objet qui pourrait servir « un jour ».

Quel jour ?

Mystère.

Bien sûr, tout n’a pas besoin d’être jeté dès qu’il n’est pas utilisé.

Le pragmatisme n’est pas une compétition pour savoir qui possède le moins de choses.

Il consiste plutôt à regarder honnêtement ce que l’on garde et pourquoi.

Est-ce que je l’utilise ?

Est-ce que je l’aime vraiment ?

Est-ce que j’en ai besoin ?

Est-ce que cet objet mérite réellement l’espace qu’il occupe ?

Parfois, la réponse est oui.

Et parfois, on découvre que l’on conserve depuis huit ans quelque chose uniquement parce qu’on a du mal à accepter qu’on ne s’en servira probablement jamais.

Ce n’est pas grave.

On peut changer d’avis.

Faire de la place ne signifie pas forcément devenir minimaliste.

Cela peut simplement signifier arrêter de stocker mentalement et physiquement toutes les versions hypothétiques de notre vie.

Parce que non, il n’est peut-être pas nécessaire de conserver une valise entière de vêtements « au cas où je change complètement de style ».

Moins de décisions, plus de liberté

On parle beaucoup de charge mentale.

Sans transformer le sujet en grande théorie psychologique, il y a quelque chose d’assez concret dans le fait de réduire le nombre de petites décisions que l’on doit prendre.

Que vais-je manger ?

Où ai-je mis ce document ?

Est-ce qu’il me reste de la lessive ?

Quand dois-je faire cette démarche ?

Ai-je pensé à prendre ma bouteille ?

Où est mon chargeur ?

Ce ne sont pas des questions existentielles.

Mais elles s’accumulent.

Le pragmatisme peut alors consister à mettre certaines petites choses en pilote automatique.

Un calendrier pour les rendez-vous.

Un rappel pour une échéance.

Une liste de courses.

Un dossier numérique pour les documents importants.

Un endroit logique pour les objets que l’on utilise souvent.

Quelques repas faciles que l’on sait préparer sans réfléchir.

Un sac de sport quasiment prêt.

Ce sont de petites choses.

Mais justement.

Le pragmatisme ne cherche pas forcément à révolutionner son existence.

Il cherche à supprimer quelques irritations quotidiennes.

Et il faut aussi accepter que tout le monde ne fonctionne pas de la même manière.

Certaines personnes adorent planifier.

D’autres préfèrent improviser.

Certaines ont besoin de listes.

D’autres retiennent tout.

Certaines trouvent leur liberté dans une organisation précise.

D’autres étouffent avec trop de règles.

Le pragmatisme n’impose pas une méthode universelle.

Il invite simplement à observer ce qui fonctionne pour soi.

Et si l’organisation parfaite était justement une perte de temps ?

C’est peut-être là que le sujet devient intéressant.

Parce que l’organisation peut facilement devenir… une nouvelle source de travail.

Il faut entretenir les systèmes.

Réorganiser les boîtes.

Étiqueter les tiroirs.

Réaligner les objets.

Mettre à jour les listes.

Refaire les catégories.

Optimiser encore.

Et encore.

À un moment donné, il faut peut-être se poser une question légèrement gênante :

Est-ce que mon organisation m’aide encore, ou est-ce que je travaille désormais pour elle ?

Une organisation quotidienne efficace devrait rester suffisamment simple pour survivre aux journées normales.

Et les journées normales sont rarement parfaites.

On rentre tard.

On est fatigué.

On oublie.

On improvise.

On laisse un vêtement sur une chaise.

On commande à manger.

On ne range pas immédiatement.

La vraie vie n’est pas un catalogue de décoration.

Une bonne organisation doit pouvoir supporter ça.

C’est peut-être même son meilleur test.

Si le système s’effondre parce qu’une journée ne s’est pas déroulée comme prévu, il était peut-être un peu trop ambitieux.

Le pragmatique n’essaie donc pas forcément d’optimiser chaque minute.

Il cherche surtout à supprimer les complications qui n’apportent rien.

C’est très différent.

Et le plaisir dans tout ça ?

Parce qu’à force de parler d’efficacité, on pourrait finir par imaginer une personne pragmatique vivant dans un intérieur beige, possédant trois pantalons et refusant tout achat qui ne possède pas une utilité parfaitement démontrable.

Pas du tout.

Le pragmatisme n’interdit ni la beauté ni le plaisir.

On peut aimer une jolie table sans recevoir personne.

Acheter un vêtement simplement parce qu’on le trouve magnifique.

Avoir une décoration qui nous plaît.

Posséder quelques objets qui ne servent à rien d’autre qu’à nous faire plaisir.

Faire un achat coup de cœur.

Improviser un dîner.

Changer complètement ses plans.

Le pragmatisme ne signifie pas que tout doit être rentable, optimisé ou rationnel.

Il peut même permettre davantage de spontanéité.

Quand certaines petites choses sont déjà réglées, on peut parfois consacrer son énergie à ce qui nous fait réellement envie.

Et c’est là que le pragmatisme rejoint assez joliment l’idée de « chic sans chichi ».

Pas besoin que tout soit impeccable.

Pas besoin d’en faire des tonnes.

On garde ce qui fonctionne, on apprécie ce qui nous plaît et on évite simplement de se compliquer inutilement l’existence.

Dans la vraie vie, ça donne quoi ?

À la maison : je range suffisamment pour retrouver.

Dans la cuisine : je garde quelques bases pour ne pas improviser tous les soirs.

Dans l’armoire : je garde ce que je porte réellement et ce que j’aime vraiment.

Au travail : je prépare ce qui peut raisonnablement l’être.

Dans mes déplacements : je garde les indispensables à portée de main.

Dans le sport : mon sac est prêt ou presque.

Dans les finances : je préfère savoir où va mon argent plutôt que découvrir le problème une fois qu’il est là.

Et dans la vie quotidienne, finalement, la logique reste la même :

si quelque chose peut être rendu plus simple sans perdre ce qui compte, pourquoi pas ?

Quelques règles de pragmatique

Pas des règles de vie. Encore moins des commandements.

Juste quelques petites phrases que l’on pourrait garder dans un coin de sa tête :

  • Si je l’utilise souvent, je le garde facilement accessible.
  • Si je ne l’utilise jamais, je me demande pourquoi je le conserve.
  • Si cinq minutes aujourd’hui m’évitent vingt minutes demain, cela peut valoir le coup.
  • Je ne cherche pas la perfection.
  • Je cherche ce qui fonctionne.
  • « Ça peut servir » n’est pas toujours une raison suffisante pour conserver quelque chose.
  • Une organisation doit me simplifier la vie.
  • Si mon système devient compliqué, je le simplifie.
  • Une solution imparfaite que j’utilise vaut mieux qu’une solution parfaite que je n’utilise jamais.

Mon objectif n’est pas une vie parfaitement rangée

Finalement, peut-être que le pragmatisme tient dans quelque chose de beaucoup moins spectaculaire que toutes les méthodes d’organisation que l’on voit passer.

Il ne s’agit pas de devenir une personne parfaitement organisée.

Ni de transformer son appartement en showroom.

Ni de supprimer tout ce qui dépasse.

Encore moins de passer son temps à optimiser son quotidien.

C’est simplement une manière de regarder les petites contraintes de la vie et de se demander :

« Est-ce que je peux rendre ça plus simple ? »

Parfois, la réponse sera oui.

Parfois, non.

Et parfois, on choisira volontairement de ne rien organiser du tout parce que l’improvisation est justement ce dont on a envie.

C’est aussi ça, le pragmatisme : savoir faire la différence entre ce qui mérite notre attention et ce qui peut parfaitement attendre.

Alors oui, mon sac est prêt.

Oui, je sais où sont mes affaires.

Oui, j’ai probablement quelques produits d’avance.

Et oui, j’ai supprimé de mon armoire cette fameuse robe que je gardais « au cas où ».

Mais il y a toujours une chaise avec un vêtement dessus.

Il y a toujours un tiroir dont je préfère ne pas parler.

Et certains soirs, je décide très spontanément que cuisiner est une excellente idée… pour quelqu’un d’autre.

Bref.

Je ne cherche pas à ce que tout soit parfait.

Je cherche simplement à ce que ma vie soit plus simple à vivre.

Et si le véritable luxe aujourd’hui n’était finalement pas d’avoir une maison parfaitement rangée, mais de savoir exactement où mettre la main quand on cherche quelque chose ?

Simplifier n’est pas renoncer. C’est parfois simplement arrêter de perdre de l’énergie là où elle ne sert à rien.

Finalement, je ne suis peut-être pas maniaque.

Je suis juste pragmatique.


FAQ

Qu’est-ce qu’une personne pragmatique ?

Une personne pragmatique cherche généralement des solutions concrètes, simples et adaptées à la réalité. Dans la vie quotidienne, cela peut se traduire par des habitudes qui permettent d’éviter certaines complications inutiles, sans rechercher systématiquement la perfection.

Quelle différence entre pragmatisme et perfectionnisme ?

Le perfectionnisme tend à accorder beaucoup d’importance à la qualité ou à l’exactitude du résultat. Le pragmatisme privilégie davantage une solution qui fonctionne réellement, même si elle est imparfaite.

Être organisé signifie-t-il être maniaque ?

Non. Être organisé peut simplement signifier avoir mis en place quelques repères pour retrouver ses affaires, gérer son temps ou anticiper certaines tâches. La recherche de perfection n’est pas une condition nécessaire pour être organisé.

Comment devenir plus pragmatique au quotidien ?

Commence par observer ce qui te fait perdre du temps régulièrement : chercher des objets, prendre certaines décisions, oublier des tâches ou manquer de produits essentiels. Une petite modification peut parfois suffire à simplifier la situation.

Le pragmatisme peut-il aider à alléger la charge mentale ?

Carrément oui ! certaines habitudes d’organisation peuvent réduire le nombre de petites décisions à prendre au quotidien. Préparer certaines choses à l’avance, utiliser des rappels ou avoir des emplacements fixes pour les objets importants peut ainsi libérer de l’attention pour d’autres choses.

Pour finir

Je garde uniquement les systèmes qui apportent un bénéfice réel. Si une méthode demande trop d’entretien, trop de règles ou trop d’énergie, elle peut être simplifiée ou abandonnée. Une organisation est censée rester au service de la vie quotidienne et la rendre légère

 

 « Prends soin de toi, personne d’autre ne peut le faire pour toi. »

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